L’association ALBA est née d’un constat simple mais trop souvent ignoré : l’engagement politique des femmes s’accompagne encore, trop fréquemment, de violences, d’intimidations et de diverses formes de harcèlement que l’on tend à banaliser. Créée par des femmes engagées, pour les femmes actives dans la sphère politique, ALBA agit pour que cet espace devienne enfin un lieu d’exercice démocratique respectueux et sûr.
Derrière les débats, les campagnes et les prises de position publiques, il y a des parcours, des visages, des voix. Trop souvent, ces voix sont fragilisées par des attaques sexistes, du dénigrement, des remarques humiliantes ou du cyberharcèlement. Parce qu’elles sont élues ou candidates, certaines considèrent que ces femmes seraient «exposées» et devraient accepter cette violence comme une contrepartie normale de leur engagement. ALBA refuse fermement cette idée. L’engagement politique ne devrait jamais signifier de devoir renoncer à sa dignité ou à sa sécurité.
L’association s’est construite autour d’une volonté claire : dénoncer systématiquement, prévenir et combattre toutes les formes de harcèlement visant les femmes en politique. Elle œuvre pour rendre visible une réalité encore trop souvent tue, minimisée ou reléguée au second plan. Rompre le silence est une première étape essentielle pour faire évoluer les mentalités et les pratiques.
ALBA propose un espace d’écoute et d’orientation, fondé sur la confidentialité et la bienveillance, afin que les femmes concernées ne restent pas seules face aux situations qu’elles traversent. L’association favorise également la mise en réseau et la solidarité entre femmes engagées, tout en collaborant avec des partenaires professionnels et institutionnels. Elle développe des actions de sensibilisation, des ateliers et des outils pratiques pour aider à reconnaître, prévenir et signaler les comportements inacceptables.
Au-delà de l’accompagnement individuel, ALBA porte une ambition plus large : contribuer à transformer la culture politique elle-même. En dialoguant avec les partis, les institutions et les acteurs publics, l’association plaide pour des mécanismes de protection plus efficaces et pour une prise de conscience collective. Une démocratie vivante et solide ne peut exister si une partie de celles qui s’y engagent doit le faire dans la peur ou le silence.
ALBA rappelle une évidence qui mérite encore d’être affirmée : les femmes ont toute leur place en politique, et elles doivent pouvoir s’y investir pleinement, avec compétence, conviction et sérénité. Soutenir leur sécurité et leur respect, c’est renforcer la qualité de notre vie démocratique.
Co-fondatrice & co-présidente
Co-fondatrice & co-présidente
Je m’appelle Alexandra Saas et je suis engagée en politique depuis 15 ans.
Je me suis engagée parce que je crois profondément en la force de l’action collective et en la capacité de chacun à faire bouger les lignes.
Mais au fil du temps, et ce malgré des avancées significatives en matière d’égalité, j’ai aussi découvert une réalité plus sombre : le harcèlement, le dénigrement, les attaques personnelles. Pas les désaccords d’idées — qui sont sains en démocratie — mais les tentatives d’intimidation, les mots qui blessent, les stratégies qui visent à faire taire. Trop souvent, ces violences touchent les femmes qui osent prendre la parole et occuper l’espace public.
J’ai connu le doute. La fatigue. L’injustice. Puis j’ai fait un choix : celui de ne pas me laisser réduire au silence.
Ces expériences m’ont conduite à co-créer ALBA, une association dédiée à la lutte contre le harcèlement et à la promotion d’un engagement politique respectueux et bienveillant, qui s’inscrit dans une intention positive de dialogue avec les partis, les institutions et les acteurs publics.
Mon objectif est clair : faire de l’espace public un lieu où chacun peut s’exprimer et s’engager sans crainte. Parce que personne ne devrait avoir à choisir entre s’engager et se protéger.
Je m’appelle Barbara Soulier. Je suis une femme engagée en politique depuis 2020 à Plan-les-Ouates.
J’ai rejoint la vie politique en 2020, sans en connaître les codes. J’ai été approchée, encouragée et soutenue pour me présenter, et j’ai été élue.
Avec le temps, j’ai pris conscience que certaines orientations ne correspondaient pas totalement à mes convictions. J’ai alors fait le choix de quitter ce premier parti et de poursuivre mon engagement en indépendante, notamment le temps de contribuer à la création locale d’une nouvelle dynamique politique dans ma commune.
Dans la perspective des élections de 2025, j’ai rejoint une nouvelle section afin de poursuivre mon engagement. Malheureusement, c’est à ce moment-là que j’ai été confrontée, au sein même de mon environnement politique, à des comportements inacceptables : intimidation, attaques personnelles, dénigrement, et tentatives d’isolement.
Comme beaucoup d’autres femmes, j’ai découvert une réalité encore trop peu reconnue : le harcèlement, l’intimidation, le dénigrement et les violences psychologiques peuvent devenir des armes utilisées pour faire taire une femme, l’isoler, ou la pousser à quitter la vie politique.
Dans mon cas, les faits ont été graves, publics, et répétés. Ils ont pris plusieurs formes, notamment des campagnes de dénigrement, des accusations mensongères, ainsi que la diffusion de documents et de contenus visant à porter atteinte à ma réputation, y compris dans des contextes publics, lors d’événements communaux et sur les réseaux sociaux.
Ces faits ont eu des conséquences profondes sur ma vie personnelle, familiale et professionnelle. Ils m’ont conduite à entreprendre des démarches pénales afin que ces comportements soient reconnus et cessent.
Malgré tout, depuis mon intégration au sein de mon nouveau parti, j’exerce mon engagement dans un cadre respectueux et constructif, avec un soutien clair et constant, dont je le remercie sincèrement.
Association Alba – Association de soutien des femmes en politique – 2026